Un nouveau record du nombre de faillites pour le secteur de la construction : comment s’attaquer à cette problématique ?

L’étude de notre stagiaire Justine a montré que, contrairement aux principaux autres secteurs industriels, les secteurs de la construction et du transport sont en passe d’atteindre un nombre record de faillites. Cela a attiré notre attention ; le chiffre de 2019 est en effet presque aussi élevé que celui de 2013, l’annus horribilis de la précédente crise économique.

Nombre de faillites en Belgique par secteur (source : Statbel)

Nous nous sommes demandé quelle pourrait en être la cause. Il est ressorti d’une conversation téléphonique avec la Bouwunie que trop d’entrepreneurs du secteur de la construction n’ont pas été formés à la gestion d’entreprise. Notre personne de contact a ajouté qu’une faillite est souvent la conséquence d’une mauvaise gestion et d’un calcul erroné (ou inexistant) du prix de revient. « Nous voyons beaucoup de starters dans notre secteur. Ce sont généralement des personnes qui savent comment mettre la main à la pâte. » Néanmoins, diriger une entreprise ne se limite pas au travail exécutif : la compréhension de la situation financière revêt au moins autant d’importance.

Gestion d’entreprise plus obligatoire

Jusqu’en 2017, toute personne qui souhaitait créer une entreprise était tenue de présenter un certificat de connaissances de base en gestion d’entreprise. Le Gouvernement flamand a cependant levé cette obligation à compter du 1er septembre 2018. Et pour ma part, je trouve cela regrettable. Surtout quand on sait que cette obligation n’a pas été introduite il y a si longtemps : les autorités exigeaient que seules les personnes diplômées après septembre 2000 devaient démontrer leurs connaissances.

J’ai moi-même obtenu mon diplôme en septembre 2000, ce qui fait que j’ai pu me lancer sans prouver mes connaissances. Tant mieux pour moi, me direz-vous. Néanmoins, j’ai suivi une formation classique, ce qui signifie que durant mes six années d’enseignement supérieur, je n’ai pas eu la moindre notion d’économie.

C’est un peu comme devenir capitaine d’un voilier sans jamais avoir suivi de cours de voile. Ainsi, je n’avais pas la moindre idée de ce qu’était un bilan ni de comment fonctionnait précisément la TVA. J’avais juste repéré un trou dans le marché local et j’avais la ferme intention de créer une entreprise prospère.

Je me souviens qu’on me disait souvent qu’avec cette entreprise, j’avais de l’or dans les mains. Presque tout le monde était fan de notre hamburger. L’établissement était régulièrement complet. Je travaillais dur et pour être bon, je devais engager des personnes supplémentaires, mais je n’avais plus un cent en poche.

Pendant ces six années et demie, je ne me suis jamais versé de salaire. Ma situation financière a longtemps été chaotique.

Quand j’ai commencé à planifier, certaines choses sont vite devenues claires. Je me suis ainsi aperçu que nous étions beaucoup trop bon marché à certains niveaux de notre offre. J’ai pris conscience que je dépensais au-delà de mes moyens. Et j’ai compris que je devais agir de toute urgence. C’était moins une, mais j’ai pu éviter le pire.

Vous vous demandez peut-être : votre comptable ne vous conseille pas à cet égard ? La réalité est que beaucoup de comptables n’ont pas de temps pour ça, car ils sont bien trop occupés à tenir des comptabilités. Il m’a fallu pas mal de temps avant de trouver un comptable qui me corresponde, quelqu’un qui me donne de vrais conseils. Ce cabinet ne se consacre pas qu’à la tenue de livres comptables, car la plupart des opérations s’effectuent automatiquement grâce à Yuki. (Conseil : choisissez un cabinet comptable qui travaille avec ce type de logiciel moderne. Cela représente un gain de temps – et donc d’argent – pour vous comme pour votre comptable. Jetez aussi un œil à nos intégrations.)

Identifiez vos coûts

Un exemple récurrent semblable dans le secteur de la construction a trait au tarif horaire pour les prestations fournies. Pour le déterminer, on regarde « ce qui se fait à la concurrence » et on propose le même tarif, voire un tarif inférieur. D’un point de vue commercial, cela peut sembler logique, mais sur le plan financier, ça ne tient pas la route et cela peut être lourd de conséquences.

Pour fixer vos tarifs, la meilleure méthode est de d’abord identifier vos coûts. Ceux-ci varient d’une entreprise à l’autre, en fonction du nombre d’effectifs, du parc automobile, des assurances, des formations, de l’infrastructure, du budget marketing, etc. Quand vous connaîtrez ces coûts et que vous les aurez comparés avec les travaux que vous prévoyez d’exécuter, vous pourrez fixer un tarif horaire. Ce n’est qu’alors que vous pourrez considérer les facteurs commerciaux, comme la comparaison avec la concurrence.

Conclusion

Le plus important est de ne pas se fier simplement à son intuition. Demandez de l’aide à votre comptable ou utilisez les bons outils pour avoir une bonne vue de vos coûts. Et même si vous n’avez pas besoin d’un certificat en gestion d’entreprise, un conseil : obtenez-en un quand même. Ou suivez au moins les cours. Diriger une entreprise exige un savoir-faire financier.

En tant que capitaine de votre bateau, vous voulez plein vent dans vos voiles. 

— Thomas